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    Trois-Rivières

    Mes huits romans publiés se déroulent à Trois-Rivières. Avec Les bonnes soeurs, je sors de la ville pour la première fois de ma carrière de romancier. Cependant, je ne pouvais me passer de la base de ma ville : Marie est native de Trois-Rivières et Charles y travaille. Ceci m'a surtout permis de donner une description précise de la ville, ce qui est absent des passages dans les autres localités du Québec. Quand Charles redevient laïc, c'est à Trois-Rivières qu'il s'installe et c'est là que Marie le rejoint.

    L'extrait : une sortie de Marie avec une autre religieuse pour des achats au grand magasin Fortin. Photo ci-haut : la rue des Forges au cours des années 1930.

     

     

             Les sœurs de l’Adoration- du- Sacré-Cœur ne sont pas des cloîtrées, mais la décence commande de ne pas sortir sans raison précise, dont le plaisir ne fait pas partie. Aucune n’a le droit de s’en aller seule. Pour obtenir l’autorisation, elles doivent subir un feu de questions et sortir du bureau avec des ordres précis à suivre. À l’extérieur, les sœurs sont priées de regarder devant elles et de ne s’adresser à personne, à moins qu’on ne leur pose des questions.

             « Ne pourrions-nous pas acheter des boîtes d’étoiles ?

             - J’ai ai encore beaucoup.

             - Elles ne sont pas tellement à la mode, vos étoiles, ma sœur.

             - Pouvez-vous m’expliquer comment une étoile collée dans un cahier peut être à la mode ?

             - Oh ! regardez le chapeau de cette femme !

             - Sœur Marie-Aimée-de-Jésus ! Nous ne sommes pas là pour porter des jugements sur les vêtements des civils, mais pour acheter des anges. La révérende mère nous permet vingt-cinq minutes.

             - Il me semble qu’une demi-heure aurait été plus simple.

             - Si vous passez votre temps à bavarder, nous ne serons pas de retour à temps au couvent. »

             Que tout semble vain, chez Fortin. On y trouve l’essentiel pour la vie quotidienne, mais il y a tant de clinquant et de superficiel sur les étagères. Ces décorations de Noël fabriquées en usine sont d’une laideur ! Tant de catholiques oublient le vrai sens de cette fête à cause de ce tintamarre de lumières. Voilà les pensées de la religieuse responsable de la procure, regardant droit devant elle, ce qui l’empêche de surveiller sa compagne et sa tête de girouette.

             Marie a prié pour que le hasard la fasse rencontrer le prêtre Charles Gervais. Elle n’a pas oublié leur brève conversation près de la clôture, l’été dernier, ni la chaleur de sa voix, son sourire serein. Soudain, l’enseignante voit un peu plus loin un prêtre du bon format et son cœur bat à toute vitesse. Mais… Fausse alerte !

             « Voilà nos anges. Retournons au couvent.

             - Nous avons encore du temps.

              - Pour regarder les vêtements des femmes ? Ma sœur, je vous trouve rafraîchissante, mais je ne voudrais pas rencontrer des problèmes à cause de vous. »

    « Le cynisme de CharlesBaseball »

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