• Expo 67

    Expo 67

    L'exposition universelle Terre des Hommes, tenue à Montréal en 1967, a été un point tournant de l'histoire du Québec. Charles en est très friand, visitera à plusieurs occasions avec un grand enthousiasme. Symboliquement, les deux rencontres qu'y feront Charles et Marie marquent aussi un point tournant dans le roman. La place des Nations (carte-postale ci-haut) est leur lieu de rendez-vous et c'est là que Charles annoncera à son amie qu'il a décidé de redevenir laïc, idée qui scandalisera la femme.

    Voici une séquence avec les religieuses visitant Expo 67 et la première rencontre entre Charles et Marie. C'est la première fois qu'elle le voit sans sa soutane.

             Marie prend place avec vingt autres religieuses dans un autocar, qui en cueillera d’autres au couvent de Trois-Rivières. Elles oublient les règles de discrétion et deviennent bavardes comme des oiselets. Il paraît que… On dit que… J’ai entendu dire que… On m’a assurée que… Le reste des phrases est complété par des adjectifs qualificatifs et des interjections. Sœur Marie-Aimée-de-Jésus ne participe pas à ces gamineries. Elle pense surtout aux retrouvailles avec son ami. La voilà en train de songer qu’elle ne s’est pas toujours montrée aimable, ces derniers temps.

             Les îles de Terre des Hommes rayonnent. Les sœurs pointent leurs nez vers les hauteurs, oubliant de regarder devant elles. Chacune a préparé sa visite de pavillons particuliers, mais ce maelström de couleurs, d’odeurs et d’émotions leur fait oublier la rigueur de leur démarche. Elles veulent tout voir à la fois, comme des fillettes en vacances. Elles partent en petits groupes, les unes vers l’Asie, les autres vers l’Europe. Marie ne sait pas où donner de la tête et décide enfin de se joindre à l’interminable filée devant l’imposant pavillon de l’Union soviétique. « Ironique, en fin de compte. Une sœur qui veut voir l’œuvre du peuple communiste par excellence. Après tout ce qu’on nous a enfoncé dans le crâne à leur propos… » dit-elle à son jeune voisin. Midi approchant, elle décide de laisser tomber, après quarante minutes d’attente sous le soleil.

             La Place des Nations représente symboliquement un lieu intéressant pour un rendez-vous. En approchant, elle aperçoit Charles faisant les cent pas. Il tend les mains, lui sourit. Elle rougit en le regardant de la tête aux pieds, découvrant son ami sans soutane. S’il ne portait pas le col romain, il ressemblerait à un vendeur d’assurances ou de voitures usagées. Il a perdu beaucoup de cheveux et le reste grisonne.

             « Vous devriez porter la barbe.

             - Vous croyez ?

             - Pour un bibliothécaire, cela vous donnerait un air de sage.

             - Peut-être pourrais-je devenir père Noël dans un grand magasin.

             - Vous seriez excellent, monsieur Gervais.

             - Trêve de plaisanteries, ma sœur. Si vous saviez tout le bonheur que je ressens en vous retrouvant.

             - Ça me fait plaisir aussi.

             - Il y en tant de merveilles ici et pourtant, en cet instant, vous les surpassez toutes.

             - Je suis le pavillon sœur Marie-Aimée-de-Jésus, la religieuse qui a ébloui un premier ministre de la province grâce à ses connaissances à un lointain roman  sera transformé en émission de télévision. Au fond, je demeure votre bonne amie de toujours.

             - Je suis heureux de cet aveu. J’ai tant craint, depuis mon départ de Victoriaville… Allons sur l’île Notre-Dame ! Il faut absolument que vous voyiez la Place d’Afrique ! Exquis et tellement enrichissant ! » 

     

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